Un milion de victimes

Le 6 avril 1994, un missile abat l’avion sur lequel se trouvaient les présidents du Rwanda et du Burundi, de retour d’une conférence de paix. Cet événement donnera lieu à un génocide parmi les plus épouvantables de l’histoire africaine. Pendant cent jours, environ 1 million de personnes seront massacrées. La communauté internationale sous-estime l’ampleur de la tragédie qui est en train de se vérifier. Quelques semaines suffisent pour quasiment anéantir la population rwandaise d’ethnie Tutsi; les Hutus modérés s’opposant aux massacres subissent le même sort. A ce moment, le Front Patriotique Rwandais - une formation Tutsi exilée en Uganda - intervient et reconquiert le pays ce qui provoque l’exode massif des Hutus - parmi lesquels se trouvent également des responsables de massacres - craignant de subir la vengeance des vainqueurs. Des centaines de milliers de personnes essaieront alors en vain de se réfugier en territoire congolais entre Goma et Bukavu sur le Lac Kivu. Le Conseil de sécurité de l’ONU, bien que très tardivement (22 juin 1994), décide l’envoi d’une mission humanitaire ("Opération turquoise") qui permettra aux réfugiés de parvenir en territoire congolais : A partir de ce moment, les incursions des rebelles Hutus s’alternent à la répression de l’armée rwandaise, en ajoutant d’autres tragédies à un pays qui, au cours des années suivantes, sera tourmenté également par la guerre civile provoquée par les affrontements entre les partisans de Mobutu et de Kabila.
Dans ce contexte tragique, un groupe de volontaires congolais, appartenant à différentes ethnies et religions, commence à mettre en œuvre quelques interventions d’aide d’urgence aux enfants orphelins et dispersés à la suite des évènements susmentionnés.